vendredi 14 septembre 2012

Une école Arc-en-Ciel




1.   Une école Arc-en-ciel
2.   Accompagnement libre
3.   L’adulte accompagnant l’enfant ; 
3bis. Co-créer un projet en harmonie
4.   Responsabilité des enfants ; 
4bis. Les enfants d’aujourd’hui
5.   Alimentation
6.   Lieux
7.   Développement durable
8.   Activités diverses
9.   Activités artistiques
10.   Communication
11.  Soins et thérapies
12.  Inspirations
13.  Sources de revenus
14.  Est-ce une école ? Une garderie ?
15.  Informations et contacts 

1. Une école Arc-en-Ciel



Dans une école Arc-en-Ciel, il y a forcément de la Joie et des couleurs…

C’est avant tout d’éducation joyeuse dont il est question dans le projet de cette école. Alors qu’aujourd’hui les enfants grandissent trop vite sous la pression d’une société, nous choisissons d’encourager et de nourrir l’enfance et toute la richesse qu’elle représente.

Cette enfance, si importante que l’on s’en souvient toute sa vie, doit offrir des repères, une base solide pour les adultes en devenir. C’est pour cette raison que nous souhaitons plus que tout encourager les 7 couleurs ou qualités suivantes.

1. La joie

La joie n’est pas une simple émotion ; elle est l’émerveillement de l’enfant découvrant la vie. La joie nous permet de voir toujours le monde en couleurs, de ne pas être blasé ou indifférent, mais toujours ouvert et confiant. Si les enfants naissent auréolés de celle-ci, c’est qu’elle est l’état naturel de l’homme, qui lentement, dans un environnement peu propice, s’étiole. Si simple et néanmoins si profonde. La joie est un pont arc-en-ciel vers le bonheur, pour les êtres de joie que nous sommes.

2. La liberté et la responsabilité

Si nous faisions confiance aux enfants ? Un enfant qui est libre et responsable sera plus épanoui. A l’inverse, un enfant bridé et contrôlé fera des expériences jugées négatives ou extrêmes par besoin de s’affirmer. Il est donc important de respecter l’enfant pour ce qu’il est : un être humain à part entière. L’enfant à qui on fait confiance développe une confiance en lui qui l’accompagnera toute sa vie. Il n’aura pas peur de se réaliser, d’inventer sa vie, et de changer le monde. Il se sentira libre des attentes des adultes, et osera simplement être qui il est. Un enjeu essentiel.

3. Le goût d’apprendre, la curiosité naturelle

Apprendre est naturel, l’enfant apprend naturellement par lui-même. Les « retards » et autres carences ne sont qu’une projection d’un système qui conditionne tout le monde à apprendre les mêmes choses en même temps. Or, si nous souhaitons réellement favoriser chez nos enfants le goût d’apprendre, faisons-leur encore une fois confiance, ils n'ont pas besoin qu'on leur dise quoi, comment et quand apprendre. Dans cette perspective, l’on comprend que l’on apprend toute la vie, que ce processus n’est pas cantonné à l’enfance et à l’adolescence. Quelle joie d’apprendre ! 

4. La confiance


Alors que nous vivons dans un monde paralysé par la peur, nous faisons le pari de nourrir la confiance. La peur n’est ni une bonne conseillère ni un bon moteur ; et devant les enjeux actuels et futurs, ce n’est pas avec celle-ci que nous pourrons réinventer un monde plus juste, plus équitable, plus durable et surtout plus joyeux. Au contraire, en misant sur la confiance, nous favoriserons de nouvelles générations plus aptes à faire face aux défis, à réinventer, créer, innover. Il est temps pour l’humanité de laisser son manteau de peur derrière elle, elle n’en a pas besoin. Et si le meilleur était à venir ?

5. La créativité


Par essence, l’homme est créateur. Aussi, dans notre école, nous encourageons toute forme d’expression, d’inventivité, de créativité. Il s’agit bien sûr d’entretenir la joie et le bien-être au quotidien, mais aussi de réinventer un monde ! Si les enfants ont la liberté et l’espace nécessaire pour exploiter leur créativité, pour découvrir leurs dons, ils seront demain tout à fait capables de mettre sur pied des projets innovants, répondant à leurs besoins (individuels, collectifs, planétaires) de manière plus intelligente et créative.

6. Le non-jugement

Nous accueillons les enfants tels qu’ils sont, ils ne sont pas jugés, catégorisés. Un trait de caractère ne prendra jamais l’ascendance jusqu’à devenir une identité. Les résultats et notes ne définissent personne. Chez nous, l’enfant est encouragé à être qui il est,  et à vivre à son rythme. C’est ainsi que nous apprenons le vivre-ensemble, dans cette belle diversité, que chacun reflète à sa manière. Coopération, et non compétition.

De même, les actes ne sont pas jugés : une « bêtise », une « erreur », n’est qu’une expérience dont on apprend quelque chose ; une colère n’est que l’expression d’une décharge émotionnelle qu’il faut accompagner. On ne punit pas. On accompagne, avec bienveillance.

7. Interdisciplinarité 


Il est temps d’en finir avec le compartimentage des savoirs. Les savoirs, la vie, ne se rangent pas gentiment dans des petites boîtes bien classées. Il faut retisser un lien entre les savoirs, entre les disciplines. Les savoirs sont plus complexes, une expérience fait appel à une multitude de matières, de disciplines. Il s’agit également de sortir d’une vision manichéenne, dualiste des choses pour englober une réalité plus complexe et mouvante. C’est à notre sens une manière plus intelligente d’appréhender le monde d’aujourd’hui, ses enjeux et ses défis. 

2. Un accompagnement libre




Le projet arc-en-ciel souhaite donner un environnement et des outils afin que l’enfant grandisse, exploite son potentiel et se réalise par lui-même. Nous faisons confiance aux enfants, et pensons que libres, ceux-ci font les choix parfaits pour leur expérience.

Il ne s’agit donc pas tant d’instruction, ni d’enseignement, mais d’accompagnement, duquel tant les adultes que les enfants ressortent enrichis.

Il n’y a pas de notion de jugement, ni de note. En cela, nous encourageons d’une part la coopération (et non la compétition), mais aussi la responsabilisation de l’enfant, pour qui apprendre est naturel. De plus, les adultes qui l’accompagnent au quotidien connaissent bien son cheminement ; un « problème » ne pourrait donc pas échapper à leur vigilance. L’enfant sera encouragé à réaliser lui-même son propre bilan, témoignant de ses envies, de ce qu’il souhaite approfondir, etc.

La base de notre projet  est celle-ci : l’éducation doit rendre libre.

L’accompagnement fourni par l’école a pour but de favoriser l’épanouissement et la joie de vivre de l’enfant, d’entretenir son émerveillement, sa créativité, sa confiance en lui, et son envie d’apprendre naturelle.

L’étymologie du terme « éducation » nous ramène au latin educare, « nourrir », et dans une seconde acception à educere ou ex-ducere, « conduire hors de », « guider ». Le rôle de l’adulte est là aussi amoindri, au profit de celui de l’enfant.

Dans ce processus, nous souhaitons que l’enfant soit pleinement acteur. S’il est petit en taille, il est malgré tout déjà un être humain accompli, capable de faire des choix. Et lui-même sait instinctivement ce qui est bon pour lui.

Bien entendu, nous, adultes, avons aussi nos propres limites et nos peurs, il n’est pas question non plus de mettre la sécurité des enfants en danger. Mais il s’agit par contre de travailler sur nous-mêmes et de gagner en confiance, de ne pas limiter l’enfant par nos peurs.

Aussi, l’école s’adapte au rythme des enfants. Elle s’inspire du courant slow education, respectant le temps nécessaire à chacun. Ainsi des rythmes d’arrivée, de départ, de sommeil, de repas, d’activité. Un programme à la carte, un lieu de vie où l'on se rend quand on en a envie. C’est aussi pour cette raison qu’il n’y a pas de classes formelles par tranche d’âge. Les enfants formeront des groupes comme bon leur semble. Il arrive souvent également que des plus grands prennent en charge des plus petits, pour certaines activités – ou l’inverse ! Grandir demande du temps, nous devons respecter cela.

Les enfants ayant un handicap léger sont les bienvenus. Si nécessaire, nous demanderons de temps en temps une aide supplémentaire aux parents.


Si les classes sont libres, certaines petites activités rythmeront la journée. Ce « cadre » permet de commencer et de finir en douceur, il peut aussi être rassurant pour les enfants. Par exemple, la journée commence et se termine par une salutation, une petite ronde, une comptine.

Les rythmes quotidien, saisonnier et annuel sont également importants. Nous symboliserons cela avec un calendrier, une décoration et la table des saisons.


Pourquoi un cadre structuré alors ? En premier lieu, pour rassurer les adultes certainement. Ensuite, ce cadre posé, avec les activités proposées, n’est qu’un matériau de base, infiniment modulable, selon les envies et la créativité de chacun. 

En conclusion, nous partagerons un lieu tous ensemble, afin de grandir, d’apprendre, de vivre ! Et de nous enrichir au contact les uns des autres. 

3. L’adulte accompagnant l’enfant



Les adultes qui accompagnent les enfants sont les fondateurs de l’école, les parents qui souhaitent s’investir, tout bénévole souhaitant contribuer au projet. Dans ce cadre, les personnes retraitées sont également les bienvenues.

Les adultes s’engagent à respecter l’éthique et la déontologie de l’école.

Ils s’engagent aussi à effectuer un travail sur eux-mêmes, à se former en permanence, se plaçant en situation d’apprentissage tout au long de la vie. Ils doivent être conscients qu’ils apprendront autant des enfants que l’inverse. Nous sommes, tout au long de notre vie, des apprenants.

Lorsqu’un adulte ressent des freins et des peurs quant à la liberté des enfants, nous l’invitons vivement à travailler sur ses limites (les comprendre, les guérir), sans limiter l’enfant (voir 4bis, les enfants d’aujourd’hui).

Ils auront suivi également une formation de secourisme.

Les adultes ne doivent pas être parfaits, mais honnêtes, authentiques, vrais. Ce ne sont pas les mots qui enseignent : en réalité, l’adulte transmet de son être aux enfants (qui voient et absorbent tout) ; c’est pour cette raison qu’il a un devoir d’exemplarité.

La relation qui unit les enfants et les adultes est une relation d’amour, de partage, de rencontre.

Un lieu-ressource sera mis à disposition des adultes, comprenant des ouvrages, revues et documents de référence. Par ce biais, les adultes seront invités à se former, à s’informer.

De plus, l’école a pour projet de proposer divers ateliers, conférences et forums à l’attention des parents, enseignants et toute personne intéressée. Ou de communiquer autour d’ateliers, de conférences et de pratiques en lien avec le projet.

Une activité de conseil ou de coaching sera également mise en place, accueillant toute personne en demande, intérieure ou extérieure à l’école.

3 bis. Co-créer un projet en harmonie



Tout projet collectif rassemble des humains. Tout rassemblement d'humains mobilise les vécus émotionnels, les transferts psycho-affectifs, les effets miroirs. Le plus souvent, les participants à un projet ont conscience qu'il s'agit de gérer les ressources matérielles et financières. Pour autant, il est assez rare qu'ils aient conscience qu'il y a aussi les ressources humaines en œuvre, avec leurs tenants et aboutissants.

La société actuelle contrôle le facteur humain par un système autoritaire qui encadre fermement les dérives et pose les humains dans un contexte avilissant et privatif de leurs libertés. Privé de sa liberté, un humain peut appliquer des ordres, mais il ne peut plus créer depuis ses talents et sa couleur particulière.

Nous souhaitons co-créer de façon consciencieuse et harmonieuse, dans la paix, la joie, l'amour ! Il s'agit donc de trouver une alternative pour aborder les ressources humaines. L'approche envisagée est d'avoir des espaces de rencontre entre les participants où les vécus émotionnels seront abordés. Cet espace se doit d'être totalement distinct de l'espace même du projet. Des humains en conscience font l'expérience que leurs émotions parlent d'eux-mêmes, y compris lorsqu'elles sont déclenchées dans les contextes du projet, avec les humains du projet. Il s'agit donc d'éviter que les manifestations de la mémoire, du passé, que les phénomènes affectifs en souffrance, viennent parasiter les co-créations. Pour autant, ceci ne peut pas être simplement mis de côté, éludé. Il est donc simple de distinguer ce que mes expériences dans le projet réveillent en moi, et qui est de ma responsabilité, puis ce que je souhaite fournir de mon mieux. Rarement, il est volontaire d'y poser de la tristesse, de la colère, des peurs, de la fierté, mais il n'est pas toujours évident de faire autrement.

Si une réunion régulière est prévue spécifiquement dans cette optique, nous considérons que la maturité de chacun sera soutenue et favorisée. De nombreux outils de mise en conscience existent afin d'aborder les phénomènes émotionnels. Le ou les groupes pourront choisir ceux qui leur conviennent. Dans l'idéal, des participants ou intervenants auront les compétences pour accueillir aussi, de manière plus personnelle, ce qui jaillirait de façon trop intense pour certains.

Chaque personne doit prendre conscience qu’il sera accueilli dans la bienveillance, sans jugement. Nous expérimentons tous toute la palette des émotions. Elles font pleinement partie de notre humanité : la vie serait bien fade sans celles-ci. Il faut donc, pour apprendre à en faire des alliées, apprendre à les écouter, les comprendre, les gérer.

Lorsqu'il est limpide pour chacun que l'espace de co-création est sensible et sacré, que c'est un espace distinct de soi, de ses mouvements psychologiques, alors l'harmonie s'installe naturellement, indépendamment des vécus émotionnels. S'il est humain qu'un projet révèle en soi des troubles, il est tout a fait humain aussi d'en prendre la responsabilité, de laisser le projet à ce seul rôle de déclencheur et d'éviter pour autant de le polluer avec ce qui ne lui appartient plus. Ce comportement doit donc être encouragé par tous les moyens utiles. Nous y mettrons beaucoup d'attention.

Texte écrit en collaboration avec Laurent Martinez / Lohey (être-humain.net)

4. Responsabilité des enfants



Bien qu’ils soient jeunes, les enfants peuvent être responsables, tant ils sont acteurs de leurs choix, de leurs expériences.

Les enfants se rassemblent lors de l’Assemblée des enfants, pour discuter du  fonctionnement de l’école, des ateliers, des cours et activités, nourriture, projets futurs, ou de ce dont ils ont envie, etc.

Ils ont également le choix des programmes, activités, cours : ils choisissent à quelle activité se rendre. Ils vivent ainsi des expériences choisies, se créant un programme tout à fait personnel. Par exemple, les enfants ne sont pas obligés de manger ou de faire telle activité.

Ils ont le droit à la libre expression ; bien sûr la communication se fera dans un certain cadre qui sera celui de la communication non-violente, de la gestion des émotions – cadre sur lequel nous travaillons au quotidien. Le lieu respecte la personnalité de chaque enfant, l’accueillant tel qu’il est, sans poser de jugement. 

L’enfant peut développer librement toutes sortes de projets : association, entreprise, apprentissage,… Les enfants peuvent aussi faire des conférences ou des communications. Le projet Arc-en-ciel prévoit de répondre au mieux aux demandes des enfants, à l’intérieur de ses locaux, autant qu’à l’extérieur, favorisant une vision nomade de l’accompagnement.

Notre postulat de base est que l’enfant est responsable de ce qu’il choisit de vivre comme expérience. Instinctivement, il se dirigera vers ce qu’il a besoin d’apprendre.

4 bis. Les enfants d’aujourd’hui



Les enfants d’aujourd’hui présentent des caractéristiques bien particulières. Bien que celles-ci aient souvent été mises en avant par les grands pédagogues tels que Maria Montessori ou Rudolf Steiner, elles ont été peu écoutées ; aussi bien qu’aujourd’hui, on ne peut plus ignorer cet appel, il faut ouvrir, voire briser les codes de l’éducation, et s’adapter aux nouvelles générations.

            -       les enfants sont des éponges
Il s’agit de l’esprit absorbant que décrivait Maria Montessori : les enfants absorbent absolument tout, sans faire de distinction. C’est pour cette raison que nous devons avoir vis-à-vis d’eux un comportement exemplaire. Ce n’est pas tant nos mots qu’ils vont retenir, mais notre façon de nous comporter.
Ils captent également nos émotions, notre état d’esprit. Il nous est impossible d’être toujours de bonne humeur bien sûr, mais il nous est par contre possible d’être francs et honnêtes avec eux, et de leur montrer concrètement par exemple comment nous gérons nos propres émotions – à nous d’avoir travaillé sur ce point important.

            -       les enfants sont des miroirs
Les enfants manipulent avec excellence ce que l’on nomme l’effet miroir. Par exemple, lorsque l’on perçoit quelque chose qui nous interpelle, ou qui nous dérange dans le comportement d’un enfant, il est de notre responsabilité de nous interroger sur ce à quoi cela nous renvoie dans notre état personnel. Un cas simple: je reproche à mon enfant ses colères. Suis-je moi-même en colère ? Me suis-je autorisé(e) à vivre cette colère ?
Souvent quand la situation se répète et que le « miroir » devient de plus en plus fort, il est grand temps de se pencher sur ce signal.
Les enfants ne font pas cela pour nous embêter : en réalité, c’est un beau cadeau qu’ils nous offrent là ; l’opportunité de travailler sur nous, de guérir ce qui doit l’être.

-       les enfants sont des amplificateurs
Toujours dans la mouvance de l’effet miroir, nombre d’enfants actuels ont la capacité de renforcer certains processus inconscients des adultes, allant parfois jusqu’à les faire enrager ou exploser. Aux adultes concernés de saisir cette perche et de travailler en conscience sur le mécanisme de blocage, la blessure non guérie, dont il est question. Encore un beau cadeau, une libération, et une opportunité de grandir en conscience.

    -       les enfants ont une intelligence différente de la notre
Aujourd’hui, un chiffre croissant d’enfant est soigné pour divers troubles : déficit de l’attention, hyperactivité, stress, anxiété, troubles de l’apprentissage (ou retards), etc. Je crois qu’en réalité, ces enfants ont souvent une intelligence différente, plus complexe et que le cadre actuel de l’école ne leur permet pas de s’épanouir.
On parle de plus en plus des intelligences multiples, de l’utilisation du cerveau droit, de l’hypersensibilité de certains enfants. Il est de notre responsabilité de leur offrir un cadre plus épanouissant, dans lequel ils pourront pleinement créer, vivre, apprendre, tout en participant pleinement au processus même de l’éducation. A nous d’entendre les enseignements qu’ils ont à nous révéler !